David Milch : Deadwood, John From Cincinnati et Luck

David Milch : Deadwood, John From Cincinnati et Luck

David Milch sur le plateau de Deadwood

David Milch est le créateur derrière l’inoubliable Deadwood et le fascinant John From Cincinnati. Si ces deux séries ont été brutalement arrêtées par HBO, ceci n’a pas empêché le monsieur de continuer à bosser pour la chaine câblée. Biographie de David Milch et petite présentation de son œuvre avant l’arrivée de son nouveau projet : Luck (suite à l’annulation de Last of the Ninth par HBO).

David Milch: mr selfdestruct

David MilchDavid Milch est né en mars 1945 à Buffalo, dans l’état de Ney York, et est issu d’une famille à l’historique criminel chargé… Sa mère était une juive convaincue et pratiquante, pendant que son père chirurgien entretenait des liens avec la mafia. Ce dernier transmis d’ailleurs très tôt le démon du jeu à son fils, en l’emmenant parier sur des courses de chevaux.
La suite devient plutôt rock n’ roll : tout en étudiant l’anglais et la littérature à Yale, il écrit des livres qui ne seront jamais publiés et se fait remarquer pour son talent pour les dialogues. Légèrement obsédé, il passera plus d’un an à réécrire les 12 mêmes pages d’un roman… Le tout en étant alcoolique, héroïnomane et fabricant de LSD au Mexique, où il fera même de la prison. Ceci ne l’empêchera pourtant pas d’être un étudiant brillant, d’obtenir son diplôme et quelques prix…
Plus tard, il reprendra des études de droit, toujours à Yale, mais se fera virer. Motif : il erre défoncé au LSD dans la rue en dégommant des lampadaires au fusil à pompe.

Hill street Blues

David Milch : Hill Street BluesAlors qu’il est devenu prof de littérature à Yale, en 1982 un de ses amis le convainc d’écrire un script pour la série Hill street Blues, produite par Steven Boccho. Il en rejoint rapidement le pool d’écriture et est crédité comme scénariste pour une trentaine d’épisodes, jusqu’à la fin de la série en 1987. Son travail fut récompensé par plusieurs prix, notamment un en en cash avec lequel il s’acheta son premier cheval de course.
Pendant les années suivantes il lance sans succès deux nouvelles séries et encaisse des gros chèques en cachetonnant à droite à gauche.

NYPD Blue

David Milch : NYPD BlueDavid Milch retrouve son camarade Steven Boccho pour créer le légendaire NYPD Blue (mais trop jeune pour l’avoir vu), série qui dura seulement le temps de 260 épisodes étalés sur 12 ans. NYPD Blue dépeint la vie d’un commissariat, et de ses flics confrontés aux horreurs du quotidien. La série est connue pour sa description des personnages, ses scènes d’interrogatoires, son style caméra à l’épaule et sa noirceur.
NYPD Blue est auréolée de plus de 80 récompenses, dont quelques unes pour Milch. Il restera sur la série jusqu’en 2000 et officiera en tant que scénariste et producteur ; pendant ce temps il reste alcoolique, accroc à l’héroïne et aux jeux d’argents.

Après l’échec de deux nouvelles séries arrêtées au bot d’une saison, Brooklyn South et Big Apple, David Milch s’octroie une pause et donne quelques cours et séminaires d’écritures pour scénaristes.

Deadwood

David Milch : DeadwoodIl revient bien sûr en force en créant le mémorable Deadwood pour HBO en 2004, la série se basant sur des personnages réels et certains faits historiques.
Dernier territoire indépendant des Etats-Unis, Deadwood est un camp de mineurs qui ne cesse de s’agrandir pour devenir une véritable ville. Et c’est ici que semble s’être terminée la conquête de l’ouest… Nous assistons donc à la construction politique d’une cité dans laquelle chacun vient pour faire fortune, et il ne peut y en avoir pour tout le monde. S’opposent ainsi deux personnages atypiques : Seth Bullock, ancien shérif souhaitant voir le calme s’instaurer, et l’ignoble Al Swearengen, peut-être un des meilleurs personnages de série jamais crée, et interprété par l’énorme Ian McShane.

Swearengen tient le Gem, un saloon avec alcool de basse qualité et putains au rabais. Génie de la politique et du complot, sa mainmise sur tout ce qui se passe à Deadwood est telle qu’il dirige la ville. Seth Bullock est interprété par Tomothy Olyphant, calme d’apparence mais tout en tension, puisqu’on sent en lui une lutte constante pour ne pas tomber dans une explosion de violence. Les deux hommes vont donc s’affronter, puis apprendre à s’apprivoiser pour lutter contre les influences extérieures menaçant la tranquillité et le contrôle qu’ils ont sur la ville.

Deadwood : Wild Bill Hickok & Seth BullockCasting de haute volée, personnages hallucinants, décors et mise en scène impeccables, dialogues implacables entre Shakespeare et langage de charretier… Malgré l’intérêt du public, des critiques, les nominations et les récompenses, Deadwood est annulé au terme de sa troisième saison. Motif : trop cher à produire (5 millions de dollars par épisode). Il était pourtant prévu dès l’origine que le show comprenne 4 saisons complètes. HBO à dans un temps promis deux téléfilms de 2 heures pour offrir une vrai fin à la série, mais ils seront annulés : les acteurs ont été libérés de leur contrat et sont partis vivre d’autres aventures, et les décors ont été détruits.
Parait-il que dans le coffret DVD reprenant l’intégrale de la série, un bonus laisse parler David Milch qui raconte alors comment il voyait la fin du show. Reste quand même un méchant gout d’inachevé…

John From Cincinnati

David Milch : John From CincinnatiAlors que sonnait la fin de la troisième saison de Deadwood, Milch avait déjà l’esprit ailleurs, en l’occurrence sur le fascinant John From Cincinnati.
Les Yost habitent Imperial Beach, la Mecque du surf en Californie. Surfeurs de père en fils, la famille compte plusieurs générations de champions, elle voit son quotidien légèrement bouleversé par l’arrivée du mystérieux John Monad. Ce dernier semble sortit de nulle part, dispose d’étranges pouvoirs et ne peut parler qu’à partir de phrase qu’il à déjà entendu, ce qui donne parfois des dialogues surréalistes.
Comme dans Deadwood, chaque épisode se passe dans la même journée.
Coécrite avec le romancier Kem Nunn (connu pour sa « trilogie du surf »), la série partait plutôt très bien : un ton noir non dénué d’humour, une atmosphère surnaturelle, des personnages bien barrés et des dialogues qui ne le sont pas moins, John From Cincinnati intriguait dès les premiers épisodes.

Malheureusement, Milch apprit l’annulation de la série alors que la première saison était en cours de diffusion, ce qui l’à amené à bricoler une fin malheureuse limite bidon pour le dixième et dernier épisode. Dommage, la série avait un sacré potentiel, et on aurait aimé que la chaine lui laisse une ou deux saisons de plus.
David Milch : John From CincinnatiSurtout que la série n’à pas été lancé dans les meilleures conditions : le pilote de JFC à été diffusé à la suite du final des Sopranos. On peut se dire qu’au moins il y avait du monde devant son écran, mais on ne peut que comprendre les spectateurs : assister à la fin (en coup de poing dans la gueule) de la plus mythique des séries ne donne pas forcément envie d’enchainer de suite sur une nouveauté…
Dommage pour Milch, dommage pour nous. Si vous n’avez pas peur d’une fin en eau de boudin, je vous conseille de vous laisser tenter par ce Twin Peaks chez les surfeurs…

Last of the Ninth

David Milch : Last of the NinthMalgré l’annulation de ses deux shows, Milch est toujours sous contrat avec HBO, pour qui il à développé le pilote de Last of the Ninth.
On ne sait pas grand-chose sur la série, si ce n’est qu’elle aurait du traiter de la corruption au sein du NYPD dans les années 70. Etant donné l’expérience du monsieur sur les cop show, sa manière de créer des personnages forts, son sens des dialogues et de l’esthétique qu’il sait influer dans ses créations, autant dire qu’on que Last of the Ninth aurait pu envoyer du très lourd… Mais la série n’a pas été retenue par la chaîne, officiellement pour des raisons d’emplois du temps de Ray Winstone qui aurait du tenir le rôle principal.
Sorte de Gérard Depardieu anglais, Ray Winstone est le père de Jaime Winstone que l’on à pu voir dans le zombiesque Dead Set.

Luck

Luck est le prochain projet de David Milch, toujours pour HBO. La série s’intéressera au milieu des courses hippiques, avec un pilote réalisé par Michael Mann et Dustin Hoffman et Nick Nolte au casting. Rien que ça. Autant dire que Luck s’annonce comme un véritable événement…

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