De l’ironique présence de Jérémy Piven dans RockNRolla de Guy Ritchie

De l’ironique présence de Jérémy Piven dans RockNRolla de Guy Ritchie

RockNRolla ressemble à un plan de sauvetage pour la carrière de Guy Ritchie. Jérémy Piven qui y joue un petit rôle, incarne également Ari Gold,  un agent de star dans la série Entourage. On imagine le conseil qu’aurait donné ce personnage au réalisateur « si tu veux refaire des films un jour, ponds nous un succès assuré avant« .

rocknrolla_posterGuy Ritchie n’est plus franchement en odeur de sainteté, que cela soit du côté critique, publique ou commercial.
Bien sur Arnaques, Crimes et Botaniques est énorme. Snatch (2000) est carrément culte, bien que déjà déclinaison du précédent : même type de scénario, multitudes de personnages bien barrés, tics de réalisation…

On attendait donc beaucoup du réalisateur, mais voilà, le monsieur a décidé d’enchaîner les grosses daubes. Même pas la peine de parler d’A la dérive (2002) avec son ex-femme Madonna, et Revolver (2005) ne vaut pas franchement mieux. Ce dernier se voulait original, novateur, mais avec ses effets de styles à outrance et son scénario incompréhensible, le résultat est plutôt indigeste.

Dès les premières minutes de RockNRolla, on sent que Guy Ritchie va reprendre exactement ce qui à fait les succès de ses premiers films, ce qui ne loupe pas. Le film en lui-même est plutôt bien foutu et efficace, mais gâché par une grosse impression de déjà vu qui fait qu’au final on s’emmerde un peu.
Tant pis pour l’originalité, RockNRolla devrait très bien marcher financièrement, et est dores et déjà annoncé comme le premier opus d’une trilogie.

jeremy_piven_entourage_04Dans la série Entourage, Jérémy Piven joue Ari Gold, l’agent caractériel et énergique de la « jeune star qui monte » Vincent Chase.
Venu de New York avec ses potes pour tout déchirer à Hollywood, Vince préfère s’invertir dans des films « risqués » et plus exigeants artistiquement que les blockbusters qu’on voudrait lui faire enchaîner.
Et si Ari Gold le soutient avec ardeur, l’agent limite requin sait aussi lui conseiller des films plus « visibles » et rentables. Stratégie de carrière : les films de studios permettant à l’acteur de rester médiatisé et surtout « bankable », pour donc ne pas finir aux oubliettes. Bien sur Vince n’en fait qu’a sa tête, fait les films qui lui plaisent et se retrouve sur la touche après quelques échecs commerciaux… Un peu comme Guy Ritchie non ? Imaginez-vous des producteurs donner un budget dément à un réalisateur n’ayant pas été rentable depuis 8 ans et ayant enchaîné 2 gros navets ?

jeremy_piven_entourageDu coup on imagine sans problème Ari Gold en réunion de crise avec Guy Ritchie : « si tu veux revenir dans la course, réutilise les recettes qui ont fait ton succès ». D’où un film au gout de déjà vu comme RockNRolla, au succès simple et assuré qui devrait à la fois permettre à son auteur de redevenir « bankable » aux yeux des producteurs, et de retrouver les faveurs du public. Et quitte à jouer la carte de la sécurité, autant continuer à décliner la vache à lait et faire de ce film une trilogie…

Stratégie donc : le facile RockNRolla était peut-être même une condition nécessaire à l’investissement que représente son « cher » Sherlock Holmes à venir (2009 – 2010). En cas de plantage de celui-ci, la rentabilité et la crédibilité du réalisateur reste assurée grâce aux deux suites de l’autre… Ari Gold n’aurait pas mieux négocié.