Under The Dome, mauvaise adaptation de Stephen King

Under The Dome, mauvaise adaptation de Stephen King

Under The Dome

Dans Under The Dome, la petite bourgade de Chester’s Mill se retrouve brutalement coupée du reste du monde par un mystérieux dôme invisible. Stephen King y décrit avec noirceur et ironie comment Big Jim Rennie, un conseiller municipal, fait régner la terreur pour mieux contrôler les habitants, en utilisant des mesures liberticides pour le “bien de la population” et en recrutant de jeunes policier violents pour faire respecter sa loi et mater les réfractaires. Un groupe de résistants menés par Barbie, ancien militaire, et une journaliste tentent de contre carrer ses plans.
Le lecteur y voit sans trop de peine une métaphore de l’Amérique post 11 septembre et du gouvernement Bush.

Même si le roman traîne quelques longueurs et une fin maladroite, il n’en reste pas moins passionnant, notamment dans sa description des comportements humains et sa présentation du fonctionnement d’une petite communauté “sans histoires”. Under The Dome est également une sorte de fable écologique dans laquelle l’avidité de quelque uns empêche la protection d’un environnement restreint et entraîne ainsi la mort d’une communauté.

Les chaînes de télévision on bien senti le filon, l’histoire du roman, sa structure et ses personnages en faisant un excellent candidat à une adaptation. Under The Dome fut ainsi un temps pressenti pour devenir une mini série sur HBO. On en salivait d’avance et on rêvait déjà à remake fantastique de Deadwood avec Ian MacShane en Big Rennie, et soyons fous, Timothy Olyphant en Barbie… Mais c’est finalement sur CBS qu’atterrit la série, produite par Amblin Television (Spielberg & co), et le moins qu’on puisse dire c’est qu’Under The Dome est énorme déception.

Bien sur le terme même d’adaptation suggère intrinsèquement que des modifications vont être apportées à l’oeuvre originale pour la convertir à un format cinématographique ou télévisé. Mais on sent ici que CBS à jouée la carte de la sûreté en cherchant à produire un divertissement familial calibré et vidé de toute substance un tant soit peu subversive.

Pour gagner du temps et certainement étaler la série sur plusieurs saisons, le show utilise une écriture maladroite qui se concentre sur des micros événements inintéressants, du coup l’ensemble manque terriblement d’enjeux et les épisodes sont longuets. Tout semble arriver comme un cheveu sur la soupe, la mise en scène est poussive et remplie d’incohérences.  Il ne semble pas y avoir de continuité ou de réelle profondeur dans les personnages, comme si les auteurs avaient préférer les lisser plutôt que de les emmener trop loin et ainsi risquer de froisser les téléspectateurs.

Les acteurs manquent de charisme ou sont en roue libre, à l’image de Dean Norris, formidable en Hank dans Breaking Bad, qui semble à la fois prendre plaisir à jouer les méchants et se demander ce qu’il fout dans cette galère (à part toucher un gros chèque).

Alors qu’Under The Dome mériterait davantage de noirceur et une écriture plus concise, le manque d’ambition de cette adaptation la rend très pénible à regarder, et pour rester poli on s’y emmerde fermement.

Bande annonce de la série Under The Dome

Le mot de la fin
Qu'est-ce qu'on s'emmerde !