Tyrant : le Parrain rejoué dans une dictature du moyen-orient

Tyrant : le Parrain rejoué dans une dictature du moyen-orient

Dans Tyrant (FX), Bassam “Barry” Al Fayeed est père de famille modèle et médecin dévoué, quelque part sur la côte-ouest des Etats-Unis. C’est aussi le fils du sanguinaire dictateur d’un pays (fictif) du moyen orient, Abbudin, pays qu’il n’a pas vu depuis plus de 20 ans.
Lorsque Bassam retourne à Abbudin avec sa femme et leurs deux enfants pour le mariage de son neveu, il doit se confronter à sa famille, à un père mourant, et à son frère Jamal sur le point d’assurer la succession… Mais alors que Jamal utilise la violence pour résoudre les conflits, Bassam se montre plus habile politicien et manipulateur. Et si après avoir fuit sa famille et son pays, c’était finalement lui l’homme providentiel dont Abbudin avait besoin ?

Tyrant semble donc bien partie pour nous refaire le coup du Parrain, celui du retour du fils prodige, qui après avoir fuit les activités criminelles de sa famille va par la force des choses devoir en assumer le contrôle et va se transformer en… tyran. Cette transformation, qui ne peut être que progressive, semble pourtant venir trop rapidement et de manière maladroite, comme l’utilisation de nombreux flash back pour nous faire révéler la part d’ombre de Bassam.

Ce manque de finesse généralisé est d’ailleurs le principal problème de Tyrant. La promesse de la série de nous plonger au coeur du système dictatorial d’un pays du moyen-orient est passionnante par tout ce qu’elle implique en terme de politique et de dramaturgie. On aimerait ainsi que les scénaristes confrontent les personnages à ce qu’ils sont réellement – de durs oppresseurs – mais ils semblent prendre soin de rester en surface et tout parait trop simpliste, voir cliché.
Et il en va de même pour tous les aspects de la dictature : que ce soit le rôle des militaires, des violences du pouvoir, des malheurs de la population, du traitement de l’opposition politique – qu’il s’agisse de révolutionnaires ou de journalistes, ou encore des réactions de la communauté internationale, tout ne semble qu’esquissé. Et Tyrant n’ose même pas parler de religion…

Le sujet est fascinant et confère à Tyrant un potentiel énorme, mais la série doit se détacher de la simplicité pour gagner en épaisseur. Mais en voyant au générique les noms de Howard Gordon (24) et de Gideon Raff (producteur et scénariste de Homeland), on se doute que ce n’est pas forcément très bien partit. Les deux hommes ont en effet tendance à abandonner un certain réalisme (nécessaire dans le cas de Tyrant) pour tendre vers un spectaculaire toc histoire d’accrocher le spectateur avec un suspens racoleur.

Mais malgré ses défauts, Tyrant rest une curiosité plutôt originale. La série est courte puisque sa première saison ne comprend que 5 épisodes, dont un pilote réalisé par David Yates (réalisateur des 4 derniers Harry Potter). Le pilote dure environ 1heure, les épisodes suivants 45 minutes.

Le mot de la fin
Une curiosité à découvrir