True Blood : la saison 2 va vous rendre à crocs

True Blood : la saison 2 va vous rendre à crocs

La saison 1 de True Blood avait du mal à démarrer et trouver son identité, mais la plupart des défauts se corrigeaient au fil des épisodes. Il fallait donc attendre cette saison 2 pour voir si Ball transformait l’essai, mais maintenant c’est officiel : True Blood est une grosse tuerie qui va vous rendre accrocs.

True Blood est donc une série crée par Alan Ball (Six Feet Under, scénariste d’American Beauty), dans laquelle les vampires ont fait leur coming out et tentent de s’intégrer dans la société. Le show réalise les meilleures audiences de HBO depuis la disparition des Soprano.
Si vous souhaitez démarrer la série, cette critique ne contient pas de spoilers et n’hésitez pas à lire la présentation de True Blood – saison 1. Ne vous fiez pas aux quelques premiers épisodes assez moyens, la série trouve vite son rythme…

Cette série fait partie du classement des meilleures séries.

True Blood saison 2 : l’histoire

Suite à la disparition de Godric – un vampire puissant, Eric convainc Sookie et Bill de se rendre a Dallas pour enquêter sur l’affaire… Il se pourrait bien que cette disparition ait un  lien avec The Fellowship of the Sun, l’église légèrement extrémiste sur la question des vampires. Sous le prétexte d’un joyeux camp d’été, les fêlés montent en effet une véritable armée de fanatiques dont le pauvre Jason, dépassé par sa propre stupidité, pourrait être le meilleur soldat.
Car The Fellowhip entend bien mener une guerre sainte pour préserver la pureté de la race…

Pendant ce temps à Bon Temps, la mystérieuse Marianne renforce son emprise sur Tara, et transforme peu à peu la ville en gigantesque orgie et ses habitants en zombies ne pensant qu’à boire, danser et baiser… En gros on va bien se marrer.

Le mélange à du bon

La délocalisation d’une partie de l’action au Texas permet de varier les plaisirs en développant de nouvelles intrigues et personnages.
Nous plongeons ainsi un peu plus dans le monde des vampires et leur mythologie, leu histoire, leurs relations sociales et hiérarchiques (les scènes chez le Reine sont hallucinantes), leurs personnalités, rapport aux humains et à la vie éternelle.
Malgré un Bill un peu fade, les personnages sont fascinants et les acteurs excellents (Alexander Skarsgard et Evan Rachel Wood en tête). Jamais les vampires n’ont eu autant de classe, et c’est clairement autre chose que les petits branleurs de Twilight.

Sans vous en dire plus, la partie de l’intrigue sur The Fellowship of the Sun réserve de très bonnes surprises, grâce à des  ressorts comiquo-dramatiques jubilatoires…

Mais en plus des vampires, l’univers crée par Charlaine Harris en bouquin et adapté par Ball à la télé est remplit d’autres créatures étranges : humains télépathes, êtres ayant la faculté de se transformer en animaux, divinité errant sur Terre ou encore des loups garous (seulement mentionnés mais qui devraient pointer le bout de leur museau pour la saison 3).
La bonne nouvelle est que si tout y est traité sérieusement, la série reste fine et complexe tout en ne se prenant jamais au sérieux. Le surnaturel s’intègre parfaitement au réel, et tout ce petit monde cohabite donc dans un univers riche et loufoque.

Et True Blood assure sur tous les plans dans cette saison 2 : esthétique, direction d’acteurs, casting qui prend visiblement beaucoup de plaisir à être de la partie, et of course au niveau de l’écriture.
En 13 épisodes le spectateur n’a aucun répit et la saison est passionnante de bout en bout. La trame principale est bien construite et mène sur un final haletant, et la série se permet le luxe de développer un grand nombre d’intrigues secondaires et de personnages bien barrés (vive Jason Stackhouse !).

Allan Ball utilise avec génie cette superficialité de façade (les vampires et tout) pour parler du pouvoir de la religion sur les esprits, des dangers et du ridicule de l’extrémisme religieux, ou encore porter un regard affectueux mais critique sur l’Amérique profonde et un peu beauf. Surtout, True Blood semble être un plaidoyer sur l’ouverture et la mixité, l’acceptation et l’amour de l’autre et de ses différences.

Pour le prouver, mais surtout pour le plaisir pop du spectateur, la série s’amuse à mélanger les genres : drame, comédie romantique, fantastique, thriller, soap opéra, série z, film de zombies, buddy movie ou encore parodie de films d’action… Souvent bien sûr dans même épisode et parfois même au sein d’une même scène. Si ce mélange semblait bancale dans la première saison, il est ici incroyablement cohérent et réussi.

La saison 2 de True Blood est donc un plaisir de tous les instants, fortement addictive, fascinante et une réussite artistique difficilement contestable. On oublie ainsi sans problème les quelques défauts de la première saison, et si vous n’avez pas encore plongés dans l’univers de la série : just watch it comme dirait l’autre.

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Le mot de la fin
ENORME