Treme – David Simon & jazz à la Nouvelle-Orléans

Treme – David Simon & jazz à la Nouvelle-Orléans

Treme HBO

Créateur de The CornerThe Wire et Generation Kill, David Simon revient sur HBO avec Treme, véritable plongée dans le quotidien des habitants de la Nouvelle-Orléans post Katrina. Tout en musique, entre le roman, le documentaire et le cinéma, Treme est certainement une des meilleurs séries de ces dernières années, et qui s’est achevée fin 2013. Séance de rattrapage conseillée à tous les amateurs… 

« Down in the Treme, just me and my baby… »

A l’image de The Wire, Treme est une véritable série fleuve nous proposant de suivre les trajectoires croisées d’une multitude de personnages trois mois après le passage de Katerina sur la ville.

Nous y verrons donc un écrivain remonté contre la gestion de la crise, sa femme avocate à la recherche d’un jeune homme disparu pendant la tempête, un tromboniste de génie toujours à la recherche d’un concert, son ex femme tenancière d’un pub un peu crade, un jeune couple de musiciens bohèmes jouant dans la rue, la patronne fauchée d’un restaurant traditionnel, un dj passionné de musique et complètement allumé, un fascinant « big chief » (vous comprendrez quand vous le verrez) qui ne lâche jamais rien…

Au travers de leur quotidien la série dépeint les conséquences de la catastrophes, et de sa mauvaise gestion par les autorités, sur la vie des habitants : quartiers détruits et leur reconstruction incertaine, système judiciaire désorganisé, argent des assurances bloqué, sentiment d’abandon… Mais Treme (prononcez Trémay), du nom du quartier populaire centre de la culture afro-américaine de la Nouvelle-0rléans, est à propos d’autre chose, et tellement plus encore.

Simon et Eric Overmyer nous montrent que malgré le chaos, la vie continue, et tous ses personnages issus de milieux différents semblent bien décider à se battre pour faire perdurer l’esprit particulier et les traditions de la Nouvelle-Orléans. Comme si malgré tous les drames naturels (l’inondation et ses conséquences) ou humains (avidité, corruption) l’esprit de la ville perdurera tant que ses habitants se battrons pour lui.
Car la ville et sa culture sont au cœur de l’histoire et fonctionnent comme une sorte d’utopie à laquelle ses habitants se raccrochent. Cette culture est bien vivante et se transmet oralement, dans la rue et bien sûr par la musique dont elle est indissociable.

« …We’re all going crazy, while jamming and having fun »

La musique et la fête sont donc présentes partout et tout le temps, et Treme nous régale de fanfares, de jazz, blues, country, folk, funk… Les scènes de live sont très bien rendues et fascinantes, que ce soit dans la rue, les bars, les salles de concerts, les petits clubs enfumés et bondés, ceux pour les connaisseurs ou les touristes, la série nous dresse un passionnant portrait musical de la ville. Les personnages vivent avec et pour la musique, qui tient avec la ville le rôle central de la série. C’est avant l’amour de cette ville (son histoire, ses musiques, ses légendes) qui lie les personnages ente eux.
De nombreux musiciens made in New-Orleans se mélangent aux acteurs, à l’image de The Wire dans laquelle certains rôles étaient tenus par de vrais gangsters ou flics.

It’s not TV, it’s HBO.

Comme sa prestigieuse aînée, Treme est proche d’un documentaire écrit comme un roman, l’histoire développe avec précision le quotidien de nombreux personnages qui se croisent, s’aiment, se révoltent… La série est très réaliste et se déroule en continue, sans interruption, comme un passionnant film de 10 heures de long. Pas de places donc pour les intrigues résolues en 45 minutes ou pour des cliffhangers à 2 centimes. Malgré des audiences très faibles Treme est certainement une des meilleurs séries du début des années 2010. Peut-être que comme The Wire, la série connaitra un succès posthume, c’est en tout cas tout ce qu’on lui souhaite.

Au générique on retrouve avec plaisir deux des acteurs les plus classes de The Wire, Clarke Peters et l’énorme Wendell Pierce, qui incarnaient les légendaires Lester Freamon & The Bunk. Ils sont accompagnés de Kim Dickens (Joanie Stubbs dans Deadwood), Steve Zahn (A perfect Getaway, Bandidas, Rescue Dawn), Khandi Alexander (The Corner, Urgences, Les Experts Miami), Melissa Leo (Homicide, 21 Grams, Frozen River) ou encore l’excellent John Goodman (Barton Fink, The Big Lebowsky, O’Brother).

La série compte 3 saisons de 10 épisodes et une saison « 3,5 » de 5 épisodes en forme de conclusion, chaque épisode dure 1 heure.

Trailer de Treme :

Quelques liens :

Le mot de la fin
Down in the Treme...
  • Fabrice

    Certes, ça fait envie, mais euh… pas facile à trouver encore :)

    • http://worketer.com nacho

      ouais j’allais dire la même chose, comment on fait pour la trouver ? c’est en streaming qq part ?

      • Tom

        Messieurs, vous pouvez bien sûr voir la série légalement sur Orange Ciné Séries…
        D’une manière un poil moins légale Treme est assez facile à trouver sur les sites de torrents :-)

  • jen

    Rendez-vous le SAMEDI 15 JANVIER à 13H15 sur FRANCE 2 pour un aperçu de la Nouvelle-Orléans à travers le regard de ses musiciens. Teaser-bonus avec Glen David Andrews, tromboniste de Treme et acteur dans la série éponyme de David Simon. Un reportage de Jennifer Luby, Jean-Marc Nouck Nouck, Philippe Denoyelle et Matthieu Houel pour « 13h15 Le Samedi ».

    http://www.dailymotion.com/video/xgj3jv_trombone-connection-glen-david-andrews-revert-peanuts_news