Rectify, chef d’œuvre méconnu

Rectify, chef d’œuvre méconnu

Rectify est une série diffusée sur Sundance Channel depuis 2013, et est trop injustement méconnue au vue de ses grandes qualités.

A l’âge de 18 ans, Daniel Holden est condamné pour le viol et le meurtre d’une adolescente. Après avoir passé 19 ans dans le couloir de la mort, il est libéré lors qu’une nouvelle analyse révèle que son ADN n’est pas celle du violeur.

Ayant passé la plus grande partie de sa vie enfermé seul entre quatre murs, sa sortie de prison est une sorte de « renaissance », et il doit apprendre à s’adapter à ce nouveau monde dont il ignore tous les codes. Il retourne vivre chez sa mère et doit se confronter à son passé avant de pouvoir envisager un avenir.

Mais Daniel vit dans une petite ville de campagne, il ne passe donc pas inaperçu, et une partie de la population à la rancune tenace et reste convaincu de sa culpabilité. Le Sénateur local vit d’ailleurs sa libération comme un affront et une tache sur sa carrière, et aimerait bien le voir retourner derrière les barreaux…

Outre l’originalité de son scénario, Rectify brille par son écriture qui arrive autant à détailler la psychologie de ce personnage empli d’une maladresse touchante mais pleine d’espoir, que l’impact de sa libération tant attendue – mais quasi-inespérée – qui vient perturber l’équilibre familial.
Bien entendu pour rendre la chose encore plus passionnante, un certain suspens est habillement entretenu sur la potentielle culpabilité de Daniel, puis sur la possibilité d’un nouveau procès qui pourrait le voir retourner derrière les barreaux.

La série utilise également de nombreux flashbacks pour revenir sur le quotidien de Daniel dans le couloir de la mort, et ainsi permettre de mieux comprendre le personnage de l’intérieur via la manière dont il s’est construit pendant ces années.

Aden Young est troublant et incroyable dans le rôle de ce personnage victime d’une cruelle injustice mais qui accepte son sort avec une sagesse lumineuse, et qui malgré son inadaptation au monde est tout est bien décidé à vivre sa vie.

Toujours passionnante (malgré quelques longueurs), dramatique, dure mais pleine d’espoir, Rectifiy est un chef d’œuvre dont il serait dommage de se priver.

Les épisodes durent environ 55 minutes (6 épisodes pour la première saison, 10 pour les suivantes).

Bande annonce de Rectify :

Le mot de la fin
A ne pas rater.
  • Catherine Mendes

    Rectify est LA série du moment je trouve ! Et depuis trois saisons…
    Le personnage principal, « the weird boy » à l’époque du lycée déjà, qui faisait un coupable idéal, est terriblement humain, terriblement proche de nous. Et la petite ville du Sud des EU dans laquelle il revient est tellement oppressante et semble si vraie, avec la crise, les secrets de chacun, les « new-born christians »… Et puis on ne nous laisse pas détester bêtement les méchants, l’affreux frère par alliance n’est peut-être pas si mauvais, le shérif non plus… Bref. C’est complexe, bien plus gris que blanc ou noir, malgré le blanc et les images surexposées qui envahissent l’écran. La vie quoi. C’est très beau.

    Ah, d’ailleurs, un oubli : Rectify a sa place tout en haut du Top 25, non ? ;-)