Dollhouse – Joss Whedon

Dollhouse – Joss Whedon

Dollhouse

Dollhouse est la nouvelle série de Joss Whedon (annulée au bout de 2 saisons) dans laquelle des scientifiques ont effacés la personnalité d’Eliza Dushku, et lui en implémentent de nouvelles à chacune de ses missions. Mais c’est bien connu, Eliza c’est plus fort que toi.

Bref, Whedon, la Dushku, de la science fiction, du suspens, du karaté dans ta gueule, un complot, la fin du monde et des grosses blagues de geeks, la recette du bonheur ? Peut-être pas, mais Dollhouse s’impose en divertissement bien sympatoche grâce à son côté série B totalement assumé.

Dollhouse est une série de Joss Whedon (Buffy contre les  Vampires, Angel, Firefly, Avengers, Agents of S.H.I.E.L.D) diffusée sur la Fox entre 2009 & 2010. L’idée du show lui serait venue lors d’un dîner avec Eliza Dushku, qui tient ici le rôle principal et celui de productrice.
Au départ prévue pour durer 5 saisons, les mauvaises audiences ont poussées la chaîne à annuler la série au bout de deux. Dollhouse comprend 26 épisodes, l’histoire est certes parfois bancale mais dispose d’une réelle fin.
Saoulé par les problèmes de production et ses rapports tendus avec la Fox, Joss Whedon aurait déclaré vouloir arrêter la télévision pour se consacrer à d’autres canaux comme le cinéma ou la diffusion de web séries, qui autorise davantage de liberté artistique. Vu le succès de son fabuleux Dr Horrible’s Sing-Along Blog avec Neil Patrick Harris, on à hâte de voir ce que ça va donner.

Dollhouse l’histoire :
Echo est la poupée la plus demandée de la Dollhouse. Avant elle s’appelait Caroline et était une jeune femme rebelle et pleine d’idéaux, qui s’était juré de révéler les expériences douteuses de la Rossum Corporation, la plus grosse compagnie pharmaceutique du monde… Mais quelque chose à mal tourné (on vous laissera découvrir quoi) et Caroline s’est retrouvée face à un choix : passer par la case prison ou donner 5 ans de sa vie à Rossum.

C’est ainsi qu’elle a rejoint la dollhouse, sa personnalité a été effacée et sauvegardée sur un disque dur. Grâce à un procédé révolutionnaire et flippant, de nouvelles identités lui sont implémentées temporairement pour répondre aux besoin de riches clients ou remplir des missions particulières : femme parfaite pour un rendez vous inoubliable, cambrioleuse de haut vol, mère poule, experte en arts martiaux, tueuse redoutable…
Entre deux jobs cette nouvelle personnalité et les facultés qui vont avec sont effacées de son cerveau et elle retourne à l’état de poupée, une coquille vide malléable, seulement capable d’exprimer des idées basiques (« j’aime les pommes ») mais absolument incapable de penser ou prendre la moindre décision.
Toutes les poupées vivent donc sous haute surveillance au sein de la dollhouse, véritable prison dorée, en attendant d’être programmées pour une nouvelle mission.

Mais les choses commencent à déraper quand Echo adopte un comportement inattendu lors de ses missions en prenant des initiatives sortant du périmètre d’action pour lequel elle a été programmée. Peu à peu elle développe une réelle personnalité et semble garder des souvenirs et aptitudes de toutes les personnes qu’elle a incarnée…

Pendant ce temps, un agent du FBI coriace, sorte de Mulder en mode karatéka, est obsédé par une jeune femme disparue, Caroline (Echo donc). Il s’est juré de la retrouver et est persuadé qu’elle est retenue dans une de ses fameuse dollhouse, dont il est le seul à en croire l’existence.
En effet les dollhouse sont un secret bien gardé seulement connu de quelques privilégiés, pour le commun des mortels elles ne sont qu’une affreuse légende urbaine…

Pour que l’ensemble soit plus drôle il est aussi question d’une ancienne doll devenue un tueur psychopathe et d’un plan machiavélique responsable de la fin du monde.

Welcome to the Dollhouse

Dans les premiers épisodes le spectateur découvre le concept de la dollhouse (son fonctionnement, les responsables, les clients) même si le secret de son origine reste bien mystérieux… C’est assez marrant de voir Eliza devenir une personne différente à chaque épisode, mais ça devient vite lourd.
La série pourrait ainsi se contenter d’enchaîner les épisodes en mode Echo à la ferme, Echo en pute de luxe ou Echo en ninja, mais heureusement Joss Whedon voulait nous emmener un peu plus loin.
L’histoire dérape vers le 5 ou 6 ème épisode, le comportement d’Echo devient carrément aléatoire, la sécurité pète les plombs, l’enquêteur kamikaze du FBI se rapproche d’une certaine vérité, Alpha entre en jeu et fout le bordel à coup de rasoir… Toute la première saison se joue avec des épisodes un peu chiants pour coller au concept (Echo en pute de luxe donc), et d’autres où l’on commence à percer les mystères de la Dollhouse à coup de semi révélations.

Derrière pas mal d’épisodes mollassons, Dollhouse réussit à nous captiver grâce au parcours du personnage d’Echo / Caroline, sorte de mélange de Spartacus et de Frankenstein plongés dans la Matrix.
Vidée de la personnalité de Caroline, Echo n’est plus qu’une esclave, un corps que l’on peut manipuler et contrôler. Pourtant il semble rester un fond de vie au creux de cette carcasse, et peu à peu Echo prend conscience d’elle-même et se développe pour devenir une personne à part entière. La personnalité de Caroline ayant été complètement effacée, d’où vient celle d’Echo ? Serait-elle l’âme de Caroline ? On ne sait pas et on s’en fout un peu.
Au terme d’un long cheminement dont on ne vous révélera pas les détails,  Echo prend pleinement conscience d’elle-même (de son corps et de son esprit), et elle assume alors parfaitement le rôle que tous lui devinaient : l’élue, The One comme dirait l’autre. Celle qui va mener la révolte des dolls et mettre fin à ce joyeux bordel.

Mais rien ne nous prépare au 13ème épisode, le fameux Epitath One, qui fait un bond de plusieurs années en avant pour nous amener dans un monde post apocalyptrique mené à sa perte par la technologie issue des Dollhouse.
Alors qu’il remet en cause la série et détermine toute la saison 2, cet épisode n’a jamais été diffusé aux Etats-Unis… On vous dira seulement qu’il constitue à lui seul une bonne raison de regarder la série, et que les personnages principaux y font des apparitions sous forme de flashback… On attaque donc la seconde saison fébrilement, tout en sachant qu’elle n’aura qu’un but : nous apprendre comment et pourquoi le futur est devenu un tel bordel… Bien que la série ait été annulée au bout de deux saisons (2×13 épisodes), Dollhouse dispose d’une vraie fin avec l’Epitath Two.

Epitath

Eliza Dushku est peut-être bonne et dispose d’un fort capital sympathie, ça ne fait pas d’elle une bonne actrice pour autant.
Idem pour Tahmoh Penikett qu’on aimait bien pour son personnage de mec sympa et fiable dans Battlestar Galactica, mais si Dollhouse nous révèle son penchant pour la baston  elle nous prouve hélas définitivement qu’il est aussi expressif qu’un chou.
Et on pourrait dire la même chose de la plupart des acteurs – à l’exception de l’excellente Olivia Williams (Adèle Dewitt) et de Harry J. Lennix (Boyd Langton) – ils sont tous mauvais et devraient rapidement retourner faire de la figuration dans des téléfilms ou séries bidons.
Pourtant ils sont attachants et à leur place dans cette série b parfaitement assumée, leur jeu approximatif convient parfaitement à Dollhouse et à son côté artisanal, presque fauché.
Artisanal mais loin d’être amateur, car malgré tous ses défauts de production Dollhouse réussi ce qu’on attend d’une œuvre de fiction : nous accrocher et nous raconter une histoire. Et celle-ci aime prendre des directions inattendues, parfois inconnues, des impasses, des détours, ralentir pour mieux nous dépasser et nous perdre…
Mais là où Dollhouse fascine c’est quand elle transpire la passion de Joss Whedon pour ses personnages et sa mythologie. Dans ces 26 épisodes le monsieur assure son lot de perles mémorables, qu’il s’agisse mettre en scène la solitude de ses personnages, des amours compliqués et touchants, des bastons bien nerveuses ou un scénar de science fiction souvent passionnant, dérangée et glauque à souhait.
Dollhouse sait aussi prendre du recul sur son premier degré apparent grâce à des dialogues à double sens, quelques petites vannes cachées ou des références que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.
Véritable OVNI naviguant entre gros nanard et chef d’œuvre, on vous conseille de prendre la série pour ce qu’elle est, un plaisir à tendance bis pour grands adolescents.

Bande annonce de Dollhouse :


Liens sur ce blog :

Liens sur Dollhouse :

Le mot de la fin
Justice for Joss
  • yoruneko

    C’est ce qu’on appelle mettre en plein dans le mille! Tres bonne description de la serie, comme souvent chez Whedon, ce sont souvent les defauts qui font qu’on s’attache. Ca n’a rien a voir mais je suis impatient de voir ce que tu as pense de Caprica!