24 saison 8 – Hit the road Jack

24 saison 8 – Hit the road Jack

Série emblématique du divertissement grand public des années 2000, la fin de 24 est aussi celle de tout une époque. L’increvable Jack Bauer tire donc sa révérence après 8 journées en enfer passées à déjouer les attentats et complots politiques les plus tordus, à grands coups de flingue et d’interrogatoires musclés. Le chronomètre s’éteint avec émotion, il était temps diront certains.

Un héros s’en va

Née en 2001 24 est logiquement une série bien flippante, où la menace terroriste semble prête à frapper à tout instant (enfin surtout 1 jour par an) sous des formes diverses : attaques biologiques, ogives nucléaires en ballade dans les rues de L.A., explosions diverses et variées, attentats contre des responsables politiques…
Le tout dans un monde dominé par la bureaucratie, les intérêts privés et les complots de couloirs aux résonances internationales. La corruption y est monnaie courante, la traitrise tout un art, l’ennemi infiltré à tous les niveaux et ses motivations parfois floues.
La réponse à ce climat légèrement porté vers la paranoïa est ultra sécuritaire, avec l’utilisation massive de technologies de surveillance de pointe, big brother is watching you et ne s’en cache même pas.

Au milieu de tout ce cirque, seul Jack Bauer semble garder les pieds sur terre (et heureusement car sans lui les États-Unis auraient été détruits plusieurs fois). Sur le terrain, un téléphone portable dans une main et un flingue dans l’autre, l’homme prend ses ordres directement du Président des États-Unis.

Tel un Dark Knight, mais sans la cape ni le masque, Jack ne se demande jamais jusqu’où il faut aller, il y va. Ainsi pour préserver l’innocence et faire triompher la vérité et la justice, il n’hésite jamais à se salir les mains et utiliser des méthodes moralement douteuses comme la torture. Homme bon et simple dans le fond, dans le feu de l’action Jack laisse ressortir son côté sombre et se transforme en véritable prédateur. Et malgré toutes les horreurs qu’il a vu et commise, sa conscience est propre, « because I did what has to be done » comme il dirait.
Mais endosser le costume de l’anti-héros ne se fait pas sans sacrifice, condamné à la solitude il a vu mourir sa femme et tous ses amis au fil des différentes saisons.

Personnage trouble et donc fascinant Jack Bauer semble pourtant appartenir à une autre époque, l’effet Obama surement. Et après 8 saisons, il faut savoir s’arrêter, surtout que si le concept de temps réel était novateur, il a largement fait son temps. Les ingrédients étaient toujours les mêmes, seule la sauce changeait et elle était parfois indigeste (la ridicule saison 6).

Si vous n’avez jamais regardé 24

Souvent en rapport avec l’actualité, on imagine sans trop de problème que la série à très mal vieillie. Si vous n’avez jamais regardé 24, inutile de perdre votre temps à rattraper 6 saisons, surtout que les intrigues et les personnages changent quasiment tous les ans.
Pour avoir un bon aperçu de la série, n’hésitez pas à commencer par le téléfilm 24 Redemption avant d’enchainer avec 24 saison 7 qui en est la suite directe.

24 saison 8, this is the end ?

Jack Bauer vit à New-York avec sa fille, et passe ses journées à jouer au papy gâteau. Il n’a qu’une hâte et qu’une envie, suivre sa petite famille à L.A. et couler des jours paisibles, mais bien sûr ses plans vont être un peu perturbés.

Toujours au mauvais endroit au mauvais moment, un ancien ami blessé frappe à sa porte et cher vieux Jack se retrouve malgré lui à tuer un type à la hache et échapper à l’explosion d’un hélicoptère. Ce qui comme vous vous en doutez est lié à des attentats qui vont avoir lieu dans les prochaines 24 heures…

Ainsi, un traité de paix et anti nucléaire va être signé par la Présidente des États-Unis (toujours aussi insupportable) et le Président d’une République Islamiste sauvage, ayant un peu de mal avec le principe de démocratie mais qui tente de s’y mettre. Ceci ne plait pas à tout le monde, et les habituels terroristes souhaitent assassiner le fameux Président Hassan et mettre la main sur des ogives afin de faire exploser New-York.

Malgré qu’il soit sollicité par le CTU reformé dans la grosse pomme (avec Cholé O’Brian à la clé), Jack refuse de s’impliquer pendant les premiers épisodes et laisse l’action aux plus jeunes, tout en supervisant la fête d’un œil expert. Mais l’arrivée de Renee Walker le pousse pourtant à se remettre peu à peu dans la partie…

La première partie de saison se passe de nuit et est assez lente, très orientée polar noir avec ses mafieux russes tout droit sortis des Promesses de l’Ombre.
Ensuite on connait la chanson, tout s’enchaine donc comme convenu : Jack déjoue des complots et flingue des groupes entiers de terroristes, les traitres se révèlent peu à peu au sein de la Maison Blanche et au CTU, les heures passent et les ennemis changent. Rien de passionnant donc, mais les amateurs apprécieront, et le meilleur reste pour la fin.

Seul contre tous

Les meilleurs moments de 24 sont certainement ceux dans lesquels Jack Bauer, fatigué par tous ces bureaucrates, coupe tout contact et suit son instinct et ses propres pistes. D’habitude ça termine en carnage et désastre politique, mais c’était pour la bonne cause et tout redevenait à peu près dans l’ordre.
Sauf que cette fois ci c’est personnel, et donc irréversible : ce cher vieux Jack entre en mode vengeance et ce n’est pas beau à voir. Traqué comme une bête, ses poursuivants n’ont pas du voir les saisons précédentes sinon ils sauraient que c’est lui qui mène le jeu avec plusieurs coups d’avance.
Les derniers épisodes sont violents et plutôt jouissifs pour le fan de base, mais quand arrive le chronomètre final, soudain le vide.

Si 24 est terminée sous la forme de série, elle reviendra pour quelques mini saisons de 12 épisodes, le film quand à lui à plusieurs fois été annoncé et décalé, peut-être verrons nous un jour Jack au cinéma…

Bande annonce 24 saison 8


Quelques liens :

Le mot de la fin
Du bon 24